Qu'est ce que la Moleskine ?

Moleskine vient de l’anglais “mole skin”, qui signifie peau de taupe.

Rien ne nous a permis de savoir si la moleskine était vraiment douce comme une taupe, quoi qu’il en soit, pour les anglais, la mole skin définit un cuir ou une fourrure rase qui a un toucher soyeux et doux.

Avec le temps, le sens du mot moleskine a évolué. Au XVII ème siècle, mole skin définit tous les tissus et les cuirs qui ont un toucher duveteux et doux.
Un siècle plus tard, il définit clairement une matière textile dont la surface est rasée au cours de la fabrication, et désigne un velours très ras, uniforme et doux.

Intérieur des poches de la veste Barbour

L’intérieur des poches des vestes Barbour est en moleskine douce. Obtenue par un procédé de tissage, puis grattée et enfin rasée pour obtenir un tissus chaud et agréable au toucher.

Initialement, la moleskine était utilisée pour la confection des pantalons de chauffe, notamment dans les usines d’acier.
Son tissage très serré, son épaisseur et sa solidité en faisaient l’allié idéal contre le métal en fusion.
Plutôt que de trouer le tissu et de brûler sévèrement l’homme, les morceaux de métal en fusion glissaient sur la moleskine, protégeant l’ouvrier.

La moleskine est utilisée aussi pour la chaleur qu’elle procure.

Pour les spécialistes textiles, cette matière est apparentée aux velours, c’est Adolphe Lafont qui le premier a eu l’idée à la fin du XIXème siècle de proposer des pantalons et des vestes en moleskine à tous les ouvriers, charpentiers, couvreurs, zingueurs, menuisiers et tailleurs de pierre.

Il avait compris que les propriétés calorifiques et protectrices de cette matière feraient des vêtements de son usine des standards très prisés. Grâce à cette idée, la moleskine est aujourd’hui encore la matière majoritairement utilisée pour les largeots et les coltins en France.

La toile sergé Denim

Nos amis d’outre-Atlantique, les Américains préfèreront pour leurs vêtements de travail, la matière “Denim”, connue aussi sous l’appellation “Jeans”, matière également inventée par les français, à la même époque, dans la ville de Nime (vous l’aurez deviné) : [De Nîmes].

Bien-sûr, ce sujet fera l’objet d’un prochain article 🙂

Moleskine autrefois/aujourd'hui

La moleskine que l’on trouve aujourd’hui dans le vêtement de travail, dans les produits Le Laboureur, Lafont, ou FHB par exemple n’est plus douce comme autrefois. La marque FHB propose même des pantalons moleskines tellement durs et résistants et ressemblant à du cuir, qu’elle les a nommé : ”Cuir allemand”.

En effet, de nos jours, la matière n’est plus grattée, ni rasée comme son ancêtre (toujours utilisée par Barbour par exemple). Elle est donc dure et rugueuse lorsque vous achetez des pantalons ou des vestes.

Coltin Moleskine vieilli

Cette matière et les vêtements qui en sont issus sont très intéressants, même sans procéder aux finitions d’autrefois, au fil du temps, la moleskine s’adoucit naturellement, exposez-la aux éléments, salissez-la, lavez-là, griffez-la le long d’un mur, plus elle vieillit, plus elle devient belle et douce, définitivement une des seules matières textiles au monde qui s’embellit avec le temps.

La moleskine, l’essayer, c’est l’adopter… pour la vie !

Tristan Pavin • Chef produits Largeot & Coltin