Lors d’un récent séjour à Châteauroux, quelle ne fut pas ma surprise de tomber sur ces magnifiques guitardes en passant rue de la gare tout près du centre-ville.

guitardes

C’est un ouvrage peu banal que je vous propose de découvrir en quelques mots… C’est à Châteauroux dans l’Indre que nous pouvons découvrir cette pépite. Cette construction relativement importante comporte des éléments qui interpelleront le regard de bien des passants et plus particulièrement de tout homme de métier, surtout les charpentiers !

Si le rez-de-chaussée de la bâtisse assez banal est occupé aujourd’hui par une agence immobilière, le travail à partir du premier étage est admirable. Le pan de bois et surtout les guitardes au-dessus sont tout bonnement des ouvrages impressionnants.

Un peu d’histoire s’impose à nous… La maison date de la fin du XIXème siècle. Le quartier de la gare est alors en plein aménagement et des nouvelles constructions donnent l’opportunité à notre charpentier de montrer son savoir-faire. Mais de qui parlons-nous exactement ? L’auteur de ces ouvrages se nomme Hyppolite Moreau, Berry la conscience, Compagnon charpentier du Devoir bon drille du tour de France. Né en 1822, il décédera à l’âge respectable de 78 ans à l’aube du nouveau siècle.

Associé à son gendre, Armand Viraux, entrepreneur en travaux publics (ça se disait ainsi avant), la coterie a laissé libre court à son inspiration pour créer ces somptueuses lucarnes. Nous n’en saurons pas plus, les documentations étant plutôt rares….

Pas d’idées sur le temps passé à tracer et à tailler (sans parler du levage). Il semblerait que l’année de construction soit 1873, Hyppolite avait donc 49 ans, sans doute pas loin du sommet de son art.

Nous ignorons également si d’autres charpentiers ont participé. Il est sans doute probable qu’il n’ait pas réalisé l’ensemble tout seul. Des compagnons et apprentis ont vraisemblablement participé aux travaux.

Il était relativement courant à cette époque de réaliser ces ouvrages. Afin de montrer à ses pairs et au reste du monde son savoir-faire et ses capacités… On retrouve d’ailleurs  plusieurs maisons dans la même rue qui comportent des lucarnes similaires réalisées par notre ami charpentier. Par chez nous, en Anjou et en Touraine, il n’est pas inhabituel de tomber nez à nez avec ce type de travaux, que ce soit dans les grandes villes ou les petits villages. De plus ou moins bonne qualité et en plus ou moins bon état certes mais ils sont indéniablement des témoins du savoir-faire de nos ancêtres et des travaux (travaux de réception même si ils portaient d’autres noms) qui permettaient à leurs auteurs d’être acceptés afin de pouvoir s’établir et vivre de leur métier.

Si l’ensemble reste un peu « chargé » et ne passe pas inaperçu, on ne peut que s’extasier devant la qualité du travail et la finesse des coupes… Je n’irai pas plus loin, n’étant ni historien ni spécialiste de la charpente. Si toutefois l’un de nos lecteurs souhaite apporter des précisions (ou des corrections), n’hésitez pas à nous le faire savoir par message ou dans les commentaires. De même, si vous souhaitez partager des ouvrages que vous avez réalisés (du travail de réception en passant par les chantiers « classiques ») n’hésitez pas à nous contacter… Et si vous cherchez des outils pour tailler ces belles pièces on pourra vous aider dans ce domaine !

Bonne rentrée 2016 !